La page cesse d'être blanche
Une journée passée dans la mise en page : un fond de lavis, un pied qui ferme, un filet d'or à chaque seuil. Rien sur les règles.

Les PDF ont passé une journée en Misece que le destin peut prendre, nommé en deux clauses au point culminant, juste avant de lancer la pièce : ce qu’il prend, ce qui arrive s’il ne le prend pas. Ce qui s’oublie à la scène suivante n’est pas une mise de destin.partie 6 en page. Aucune règle n'a changé — il n'est question ici que de l'allure du livre sur la page.
#FFFFFF est la couleur de rien. Aucune feuille de papier n'est plate à ce point, et un PDF lu sur écran le montre plus crûment que l'impression, où le papier apporte sa propre matière. Chaque page des deux éditions repose donc désormais sur un lavis : du grain partout, de pâles nuages gris dans les angles. Vous n'êtes pas censé le regarder. Il est là pour retirer au fond sa dernière qualité d'écran.
Il ne se répète pas à l'identique, et cela compte plus qu'il n'y paraît. La même tache dans le même coin sur trois cents pages est un filigrane, pas du papier : à la troisième page, l'œil reconnaît le motif et cesse de voir une feuille. L'image tourne selon ses quatre symétries à mesure qu'on avance, si bien que quatre pages passent avant qu'un arrangement revienne.
Ce que vous verrez d'autre
Section intitulée « Ce que vous verrez d'autre »- Le pied de chaque page ferme. Une rosace entre deux filets, posée au-dessus du folio. Un chiffre gris seul sous une colonne de texte justifié ne ferme pas une page — il est simplement là.
- Les Ouverture (l’)le geste qui commence toute scène : trois cartes, on en garde une, on renonce aux deux autres. Le seul tirage où choisir coûte, et la seule porte du destin.partie 3 de partie sont sur l'axe. Titre, filet, sous-titre et le bloc de la fiction d'ouverture se centrent tous sous une illustration qui l'a toujours été. Seul le texte de la fiction reste au fer à gauche : neuf lignes de récit centrées se lisent comme une épitaphe.
- Le lavis d'ouverture ne s'arrête plus sur une arête, il se fond dans la feuille — et le dessin de la page de repos a été détouré de son fond blanc, si bien que le papier passe maintenant à travers le dessin au lieu de s'arrêter à son bord.
- Les titres de section reçoivent un filet d'or au-dessus. Dans ce livre, c'est le filet qui dit la hiérarchie — ouverture de partie, encart, fiction, exercice — et le titre de section était le seul seuil à n'en porter aucun. Cela ne coûte pas de place : l'air au-dessus du titre y était déjà, le filet s'y installe.
- Le titre courant a quitté la linéale. Un folio est un repère qu'on cherche ; un titre courant est une phrase qu'on lit sans la chercher, et une grotesque en tête de chaque page de prose dit manuel au-dessus d'un texte qui dit roman.
- Les encarts sont tenus par une barre d'or le long de leur flanc gauche. Un aplat gris à 5 % ne se lit pas sur le papier comme il se lit sur un écran rétroéclairé — il se dissolvait, et l'encart avec lui.
- Deux ouvertures de partie débordaient de leur page. La fiction d'ambiance de l'Introduction et de La Scène-mondeune scène déclarée où votre personnage n’est pas : le monde avance dans son dos. Au bout de trois scènes jouées avec lui, la parole est au monde ; jamais deux de suite, et le destin n’y entre pas. Elle fait avancer ce qui pend, ou elle ne fait que vivre — une respiration.partie 9 laissait trois ou quatre lignes d'italique sur la feuille suivante, échouées au-dessus du vide. Elles ont été ramenées à leur page. Les tours qui comptent — la remarque sur le poison, la lettre — n'ont pas été touchés.
Toujours généré, et toujours ashcan
Section intitulée « Toujours généré, et toujours ashcan »Deux choses qui méritent d'être dites clairement, parce que les pages ci-dessus pourraient laisser croire le contraire.
Ce livre est toujours fabriqué par une chaîne. Du Markdown entre, pandoc et Typst sortent à l'autre bout, et personne n'ouvre le fichier pour pousser une ligne à la main. Chaque réglage décrit ici est une règle dans un gabarit — c'est pourquoi il s'applique à toutes les pages et aux deux éditions d'un coup, et pourquoi le volume entier se reconstruit en quelques secondes après une coupe. C'est la force, et c'est aussi la limite : une chaîne pose une bonne page partout, là où un metteur en page en poserait une parfaite ici et là.
Et ce sont des ornements d'ashcan. Ce n'est pas la maquette finale, pas plus que les images générées ne sont l'illustration finale. Ils servent le fichier que vous téléchargez aujourd'hui ; le jour où ce livre sera vraiment imprimé, la plupart seront reconsidérés — à commencer par le grain du papier, puisque le vrai papier a déjà le sien, et qu'imprimer du grain sur du grain revient à le doubler.
Le livre entier se lit en ligne ici, dans ses deux éditions, et les PDF sur itch.io sont déjà les nouveaux.
Édition ashcan : le livre est complet et jouable ; il n'est pas fini. Dites-moi ce qui casse.