Aller au contenu
Liseciel

Récits pour explorer d’autres mondes

Le monde ne fait pas qu'arriver

La partie 10 porte deux mouvements : ce qui vient, et ce qui dure. Et la pièce a enfin une planche, qui montre la question.

Une cité aux tours et à la grande rosace, noyée dans des nuages, et une silhouette au chapeau qui la regarde depuis une crête.

La partie 10 cesse d'être un geste qu'on emploie une fois par partie. Elle porte deux mouvements désormais : ce qui vient, et ce qui dure. Et la Piècel’oracle des questions fermées : Face le premier pôle, Pile le second. C’est elle qui résout une action (partie 5) et le destin (partie 6).partie 1 a enfin une image, une qui montre la question plutôt que la réponse.

Tout ce que le carnet gardait était indexé sur le personnage. L'attente est sa question. L'enjeu est ce que quelqu'un d'autre travaille, vers lui. Les Alentours (les)trois cartes tirées en cours de scène pour peupler un lieu d’un coup : on en joue une, les deux autres restent sur le tapis. Aucun renoncement, aucun destin. Ils se tirent aussi sous une question, posée sur le lieu et non sur soi.partie 7 sont ce qui est ici, pour lui. Le monde n'avait donc pas de mémoire propre : le Relevéla page qui garde ce qui pend : acteurs vivants, attentes, enjeux, désirs en cours, marques du destin. Il n’y en a qu’un, et il remplace le précédent.partie 8 se remplace, et ce qu'on n'y recopie pas meurt avec lui. Au bout de dix séances, vous saviez tout ce qui avait failli tuer votre personnage, et rien de ce qu'on mange dans sa ville.

Une Scène-mondeune scène déclarée où votre personnage n’est pas : le monde avance dans son dos. Au bout de trois scènes jouées avec lui, la parole est au monde ; jamais deux de suite, et le destin n’y entre pas. Elle fait avancer ce qui pend, ou elle ne fait que vivre — une respiration.partie 9 pouvait faire deux choses. Faire avancer quelque chose, ou ne rien faire avancer et ne rien laisser — ce que le livre appelle une respiration. Il y en a une troisième : elle ne fait rien avancer, et elle laisse tout de même quelque chose.

Ce quelque chose ne pend pas. Ce n'est ni une Attenteune question ouverte que personne d’autre ne cherche : elle vous appartient, elle mûrit, elle a le droit de ne jamais se refermer.partie 8 ni un Enjeuune question ouverte sur laquelle quelqu’un d’autre avance : elle ne s’oublie pas, et elle ne mûrit pas toute seule.parties 8, 10, il n'a donc rien à faire au relevé, qui est la page de ce qui n'est pas fini. Il va au Portraitce qu’on écrit de quelqu’un, acteur ou personnage : un nom, ce qu’il veut, ses couleurs, et ce qu’il porte quand ça dit qui il est. Sans décompte, et jamais corrigé — on en écrit un neuf, plus loin.parties 7, 11 du lieu, et la loi était déjà la bonne : le relevé se remplace, le portrait s'ajoute.

Le geste est l'ambiance de la partie 2, montée d'un cran. Le temps qu'il fait devient la saison qu'on traverse, et la saison, ce qu'elle fait faire aux gens. Qui travaille et qui ne peut plus voyager, ce qu'on ferme, ce qu'on brûle, ce qu'on redoute chaque année à la même date.

Pas de table, pas de compteur, pas de calendrier, pas de page en plus dans le carnet. On ne construit pas un monde à côté : on joue une Scènel’unité de jeu : on l’ouvre, on la joue, on la referme.partie 3, et la coutume y est parce que quelqu'un est occupé à la faire.

Une scène comme celle-là montre cent choses, et une seule mérite l'encre. Contraint-elle ou permet-elle une scène à venir ?

Aux premières neiges, le port bas gèle et les cales vides se remplissent de dormeurs interdit un départ, permet une nuit au quai, et donne un métier à quelqu'un qu'on n'a pas encore rencontré. Il fait froid en hiver n'interdit rien et n'ouvre rien : c'est du Décorce qu’on croise et qu’on oublie : pure couleur, rien à noter. Un Décor devient acteur le jour où l’on s’aperçoit qu’il veut quelque chose.partie 7, et le décor se joue et s'oublie.

La scène jouée du chapitre est le port bas de Nandésis aux premières neiges, et elle nourrit le décret levé douze paragraphes plus tôt. Les convoyeuses sans guilde perdent leur droit d'amarrage à la venue des neiges. Vous savez maintenant où elles dorment, et ce qu'elles doivent accepter d'un panier.

Deux médailles de bronze, le soleil pour Face et les phases de la lune pour Pile, chacune sous son nom et sous ce qu'elle voulait dire ce soir-là.

Elle montre la question, pas la réponse. Ce qui compte dans un lancer n'est pas la face qui tombe, la phrase le dit déjà. C'est la façon dont vous avez tendu les deux issues avant de lancer, et le résultat tient dans le voile, seul. Mêmes glyphes que les planches de cartes, pleins pour ce qui est arrivé et creux pour ce qui attendait, avec une chose absente exprès : on ne renonce à rien devant la pièce.

Cinq lancers du livre en reçoivent une. La seconde question de la partie 8 reste en texte nu, délibérément : deux planches identiques à cinq lignes d'écart transformaient la scène en colonne de médailles, et le contraste enseigne quelque chose au passage — qu'un lancer n'appelle pas toujours une image.

Les deux éditions ont été écrites dans la même passe. Douze sections rescellées, et les deux sont comparées automatiquement : même charpente des deux côtés, mêmes planches, mêmes scènes, mêmes cartes sur le Tapisla table devant vous : les cartes tirées y restent à vue le temps de la scène.parties 2, 7, comptées dans les deux sens. Quatre rendus ont été gelés au glossaire, et endurer a été écarté pour ce qui dure, puisqu'il appartient déjà à la partie 6.

Aucune mécanique n'a bougé. Rien de ce que vous avez écrit dans un carnet n'est invalidé. Une scène-monde obéit toujours à ses trois règles, la pièce ne résout toujours rien, et une scène qui ne laisse rien reste une bonne scène. Les PDF sur itch.io sont déjà les nouveaux.

Le livre entier se lit en ligne ici, dans ses deux éditions.

Édition ashcan : le livre est complet et jouable ; il n'est pas fini. Dites-moi ce qui casse.